Les Siestes Electroniques
26 et 27 juin 2010, Toulouse
(par Maud)
Malheureusement, je n’ai pas pu assister aux premiers concerts du festival car si je ne travaillais pas, je répétais tous les soirs mais j’étais fin prête et je languissais de voir ce que le festival aurait à nous offrir pour ces deux derniers jours.
Les concerts ont lieu à la prairie des filtres, un très joli parc sur les berges de la Garonne. Un lieu plus qu’adapté à la situation. Alors ce samedi là, j'arrive sous un soleil de plomb et 31°c. Assez heureusement, quelques arbres parsemés par ci par là nous offrent généreusement leur ombre protectrice et je m’assoie par terre, entourée de festivaliers à moitié-endormis par la chaleur tenace. Tout est fait pour que l’on se sente confortable et comme à la maison. L’ambiance est relaxée, chaleureuse (c’est le cas de le dire !). Parmi la foule, il y a des personnes de tous âges, des familles aux couples plus jeunes, chaque catégorie est représentée, roots, hipsters, vieux bikers et compagnie. La température est propice à la sieste, tout comme l’indique le nom du festival et beaucoup d’entre nous sommes allongés à même le sol. Petit à petit, chaque centimètre carré d’herbe est occupé par un corps. Quel spectacle vu du ciel !
Les Ruby Suns sont encore en train de faire leur sound check quand j’arrive et je ne peux m’empêcher de sourire à chaque fois qu’ils lancent quelque chose dans leurs micros. Ils ne sont pas sérieux une seconde mais j’imagine que le soleil (la scène n’était pas à l’ombre) et leur manque de sommeil expliquent en partie cela leur attitude.
L’épopée musicale commence avec ES, artiste expérimental finlandais. Pas grand-chose à dire sur ce musicien hors norme, excepté qu'il a joué une seule et unique chanson terrifiante pendant vingt minutes. C’était très particulier mais cela correspond totalement à l’ambiance du festival puisque tout le monde s’est plus ou moins endormi ou a fermé les yeux pour ressentir et expérimenter la musique à son paroxysme.
Les Ruby Suns sont les seconds sur la liste. N’étant que trois sur scène, ils réussissent néanmoins à créer une performance scénique impressionnante et ce n’est pas gagné d’avance quand on joue de la musique électronique. Leur son est mémorable avec des beats plus qu’entraînants (le batteur a une batterie hybride mélangeant sons analogues et pads électroniques), des effets à la pelle (de façon assez surprenante, même la guitare sonne électronique et se rapproche plus d’un « clavier à cordes » que d’une guitare électrique). Les chansons sont pop, dans le bon sens du terme, faciles à retenir et unanimement faites pour bouger son derrière! Ryan a une voix fascinante et extrêmement planante. Pendant leur set, c’est comme si le public somnolant se réveillait de sa léthargie, les gens se lèvent, peu à peu, et commencent à sentir le rythme, s’insérant sous leur peau et s’insinuant dans leur zygomatiques. Car oui, The Ruby Suns, c’est une musique heureuse et rafraîchissante, c’est un bol d’air frais que l’on respirerait le matin après une nuit agitée.
Néanmoins, ils n’ont pas eu le succès escompté et ils méritaient, selon moi, beaucoup plus d’applaudissements que ce qu’ils ont récolté.
Machine Drum consiste en un geek (mais vraiment), emporté, subjugué par ses propres samples (voilà ce que j’appelle ‘ressentir la musique' !), mixant sur scène. Je n’ai pas grand-chose à raconter car à vrai dire, les DJ sets ne m’ont jamais vraiment intéressé mais ses chansons étaient plus qu’écoutables.
Le dimanche, pas de soleil de plomb mais la temperature avoisine les 33°c et un orage est attendu, l’air est donc vraiment moite et lourd. J’arrive à la prairie des filtres au son de Marc Démereau, une sorte de Jean-Michel Jarre sous acide. Il mixe une succession de notes, me rappelant étrangement la musique classique contemporaine des années 1920, que je n’ai jamais compris ni apprécié, ainsi que des sons curieux de chouettes, klaxons, pluie, etc. accompagné d’un saxophone jazzy.
Il est rapidement supplanté par les merveilleux Chateau Marmont (ATTENTION, alerte au bon groupe !), en gros, LE groupe que je veux absolument voir en live puisque j'écoute leurs EPs en boucle depuis plusieurs jours. C’est le genre de musique électronique live que j’aime, tu vois ? C’est un vrai groupe, avec de la vraie musique live, pas (ou presque ?) de samples, rien, juste des êtres humains qui jouent avec des machines, en d’autres termes, génial ! C’est, il me semble, le premier groupe que je vois qui est soutenu par un certain nombre de fans, d’adeptes, appelez les comme ça vous chante, comme le montre le nombre de personnes portant un tee-shirt Institube ou Chateau Marmont. C’était parfait… jusqu’à ce qu’il se mette à pleuvoir. Quoiqu’esquissant un sourire alors que des roadies leur installent un chapiteau bleu au dessus de la tête, ils restent imperturbables. Ils continuent à jouer leurs chansons, mélange de science fiction cinématographique et d’électronique lunaire spatiale avec une aisance pleine de grâce.. oops, je m’égare !
Je n’ai presque rien vu du concert de Mount Kimbie mais aux vues des reactions, c’était bien. A mi-chemin entre dj set et performance live, ils sonnent beaucoup mieux que ce que j’avais pu entendre sur leur myspace.
Le festival se termine en beauté sur un DJ set d’une des moitiés des célèbres Junior Boys où là, pour le coup, tout le monde se lève.
Les Siestes Electroniques sont un de ces évènements de la vie toulousaine qu’il est impossible d’ignorer. Le pari risqué d’introduire une programmation audacieuse et pointue au sein d’une ville, tout au moins « populaire » a eu un succès étonnant au fil du temps. Plus qu’offrir quelque chose que le public goberait sans se poser de questions, les siestes surprend et le fait de proposer des concerts gratuits au cœur de la ville a une portée éducative plus que précieuse que l’on ne peut non plus nier. Le tout est déposé sur un plateau sans prétention, le festival est ouvert et incitatif. C’est plus qu’une série de concerts, c’est un tout.
On se donne rendez-vous l'année prochaine?
Nos photos du festival
Nos photos des Ruby Suns
Nos photos de Chateau Marmont
Notre interview de The Ruby Suns (bientôt)
Notre interview de Chateau Marmont (bientôt)
Les Siestes Electroniques
The Ruby Suns
Machine Drum
Chateau Marmont
Mount Kimbie
Junior Boys
Malheureusement, je n’ai pas pu assister aux premiers concerts du festival car si je ne travaillais pas, je répétais tous les soirs mais j’étais fin prête et je languissais de voir ce que le festival aurait à nous offrir pour ces deux derniers jours.
Les concerts ont lieu à la prairie des filtres, un très joli parc sur les berges de la Garonne. Un lieu plus qu’adapté à la situation. Alors ce samedi là, j'arrive sous un soleil de plomb et 31°c. Assez heureusement, quelques arbres parsemés par ci par là nous offrent généreusement leur ombre protectrice et je m’assoie par terre, entourée de festivaliers à moitié-endormis par la chaleur tenace. Tout est fait pour que l’on se sente confortable et comme à la maison. L’ambiance est relaxée, chaleureuse (c’est le cas de le dire !). Parmi la foule, il y a des personnes de tous âges, des familles aux couples plus jeunes, chaque catégorie est représentée, roots, hipsters, vieux bikers et compagnie. La température est propice à la sieste, tout comme l’indique le nom du festival et beaucoup d’entre nous sommes allongés à même le sol. Petit à petit, chaque centimètre carré d’herbe est occupé par un corps. Quel spectacle vu du ciel !
Les Ruby Suns sont encore en train de faire leur sound check quand j’arrive et je ne peux m’empêcher de sourire à chaque fois qu’ils lancent quelque chose dans leurs micros. Ils ne sont pas sérieux une seconde mais j’imagine que le soleil (la scène n’était pas à l’ombre) et leur manque de sommeil expliquent en partie cela leur attitude.
L’épopée musicale commence avec ES, artiste expérimental finlandais. Pas grand-chose à dire sur ce musicien hors norme, excepté qu'il a joué une seule et unique chanson terrifiante pendant vingt minutes. C’était très particulier mais cela correspond totalement à l’ambiance du festival puisque tout le monde s’est plus ou moins endormi ou a fermé les yeux pour ressentir et expérimenter la musique à son paroxysme.
Les Ruby Suns sont les seconds sur la liste. N’étant que trois sur scène, ils réussissent néanmoins à créer une performance scénique impressionnante et ce n’est pas gagné d’avance quand on joue de la musique électronique. Leur son est mémorable avec des beats plus qu’entraînants (le batteur a une batterie hybride mélangeant sons analogues et pads électroniques), des effets à la pelle (de façon assez surprenante, même la guitare sonne électronique et se rapproche plus d’un « clavier à cordes » que d’une guitare électrique). Les chansons sont pop, dans le bon sens du terme, faciles à retenir et unanimement faites pour bouger son derrière! Ryan a une voix fascinante et extrêmement planante. Pendant leur set, c’est comme si le public somnolant se réveillait de sa léthargie, les gens se lèvent, peu à peu, et commencent à sentir le rythme, s’insérant sous leur peau et s’insinuant dans leur zygomatiques. Car oui, The Ruby Suns, c’est une musique heureuse et rafraîchissante, c’est un bol d’air frais que l’on respirerait le matin après une nuit agitée.
Néanmoins, ils n’ont pas eu le succès escompté et ils méritaient, selon moi, beaucoup plus d’applaudissements que ce qu’ils ont récolté.
Machine Drum consiste en un geek (mais vraiment), emporté, subjugué par ses propres samples (voilà ce que j’appelle ‘ressentir la musique' !), mixant sur scène. Je n’ai pas grand-chose à raconter car à vrai dire, les DJ sets ne m’ont jamais vraiment intéressé mais ses chansons étaient plus qu’écoutables.
Le dimanche, pas de soleil de plomb mais la temperature avoisine les 33°c et un orage est attendu, l’air est donc vraiment moite et lourd. J’arrive à la prairie des filtres au son de Marc Démereau, une sorte de Jean-Michel Jarre sous acide. Il mixe une succession de notes, me rappelant étrangement la musique classique contemporaine des années 1920, que je n’ai jamais compris ni apprécié, ainsi que des sons curieux de chouettes, klaxons, pluie, etc. accompagné d’un saxophone jazzy.
Il est rapidement supplanté par les merveilleux Chateau Marmont (ATTENTION, alerte au bon groupe !), en gros, LE groupe que je veux absolument voir en live puisque j'écoute leurs EPs en boucle depuis plusieurs jours. C’est le genre de musique électronique live que j’aime, tu vois ? C’est un vrai groupe, avec de la vraie musique live, pas (ou presque ?) de samples, rien, juste des êtres humains qui jouent avec des machines, en d’autres termes, génial ! C’est, il me semble, le premier groupe que je vois qui est soutenu par un certain nombre de fans, d’adeptes, appelez les comme ça vous chante, comme le montre le nombre de personnes portant un tee-shirt Institube ou Chateau Marmont. C’était parfait… jusqu’à ce qu’il se mette à pleuvoir. Quoiqu’esquissant un sourire alors que des roadies leur installent un chapiteau bleu au dessus de la tête, ils restent imperturbables. Ils continuent à jouer leurs chansons, mélange de science fiction cinématographique et d’électronique lunaire spatiale avec une aisance pleine de grâce.. oops, je m’égare !
Je n’ai presque rien vu du concert de Mount Kimbie mais aux vues des reactions, c’était bien. A mi-chemin entre dj set et performance live, ils sonnent beaucoup mieux que ce que j’avais pu entendre sur leur myspace.
Le festival se termine en beauté sur un DJ set d’une des moitiés des célèbres Junior Boys où là, pour le coup, tout le monde se lève.
Les Siestes Electroniques sont un de ces évènements de la vie toulousaine qu’il est impossible d’ignorer. Le pari risqué d’introduire une programmation audacieuse et pointue au sein d’une ville, tout au moins « populaire » a eu un succès étonnant au fil du temps. Plus qu’offrir quelque chose que le public goberait sans se poser de questions, les siestes surprend et le fait de proposer des concerts gratuits au cœur de la ville a une portée éducative plus que précieuse que l’on ne peut non plus nier. Le tout est déposé sur un plateau sans prétention, le festival est ouvert et incitatif. C’est plus qu’une série de concerts, c’est un tout.
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