Moneybrother
Berlin, 5 décember 2009

(Par Lisa O'B.)

Vous rappelez vous de ce compte de Grimm, les souliers au bal usés? Je n'y ai jamais cru, jusqu'à ce soir.
Je ne veux pas gâcher ma review, mais ce concert est, de loin, le meilleur qu'il m'ait été donné de voir cette année. J'ai dancé (comme jamais lors d'un concert en fait), je suis restée sans voix, j'ai ris, j'ai pleuré (sur Blow him back into my arms), j'ai chanté, j'ai avidement écouté leurs nouveaux titres... et j'ai aimé ça.
En réalité, tout a commencé plutôt calmement avec Franz Nicolay. Le Postbahnhof était très peu rempli quand, tout seul, il monta sur scène. Même s'il était accompagné de sa guitare et de son accordéon sur scène, il semblait préférer bavarder. Et bavarder. Et bavarder. D'emblée, il nous expliqua qu'il était comique professionnel, ou, du moins, c'est ce qui était écrit sur son visa anglais et nous, le public, étions un public professionnel étant donné que nous avions payé 20 balles. Il pensa donc qu'il valait mieux qu'il nous divertisse. Il enchaînait les anecdotes et éventuellement chanta quelques chansons. Le plus impressionnant provenait du fait qu'il arrivait à emplir l'air de sa voix, de sa mélodie et de son rythme; tapant du pied tellement fort que la scène s'effondra presque. En fermant les yeux, on ne pouvait pas croire qu'il s'agissait d'une seule personne mais plutôt d'une armée. Il joua même un morceau de tango! C'était intense. La scène était un peu trop grande et le public trop parsemé pour vraiment être en mesure de l'apprécier à sa juste valeur. S'il vous plaît, écoutez sa musique, vous serez enchanté(e)s par les histoires qu'il raconte et sa façon de s'habiller.
C'est incroyable combien l'atmosphère changea en une vingtaine de minute. Tout à coup, Postbahnhof était comble et sous tension, remplie excitation et attente. Dès que le groupe de 7 posa un pied sur scène, ce fut une pagaille monstre. En termes d'acclamation, bien sûr. Je ne me rappelle pas d'un seul moment où, étant au 2e rang d'un concert, je n'ai pas réussi à entendre ce qui se passait sur scène parce que les gens était trop heureux de ce qui allait se passer pendant la prochaine heure.
Oui, il existe un cliché qui dit que les suédois sont froids et arrogants. Moneybrother vous montreront le contraire. Je ne parle pas uniquement des chansons, il y a aussi la façon dont elles sont jouées, avec tellement d'amour et de joie. Avec des sourires et des yeux joyeux, avec les hanches qui se secouent et des instruments aimés jusqu'à la virtuosité, avec beaucoup d'humour et d'auto-ironie.
Anders Wendin avait engagé plusieurs nouveaux membres pour le suivre en tournée et cela produisait l'effet d'un parfait concert rock'n'roll de la fin des années 1950, même si un des musiciens semblait tout droit sorti des années 1920 ou 1930. Chic et fantaisiste, c'est le nom que l'on voudrait lui donner, mais c'était beaucoup plus que ça. Il le vivait, bougeait, jouait, dansait avec tellement de passion. J'aurais aimé ne pas seulement ressembler à Clara Bow, j'aurais aimé être elle. Plus tard, ce soir là, quand Anders introduisit le groupe, il l'étiqueta en disant "Les gas, je sais que vous vous demandez pourquoi vous n'avez pas amené vos petites amies au concert. Je sais que c'est honteux mais je vais vous dire, c'était une sage décision. Vous vous en demandez la raison? C'est cet homme ; Viktor Brobacke" Je dois admettre qu'il avait raison sur ce point là. Il était non seulement une lumière au trombone, mais sa gestuelle très années 1930 était un vrai plaisir pour les yeux.
Bien sûr, l'Homme lui même oublia de se présenter : Anders Wendin aka Moneybrother. Avec sa luxurieuse voix rocailleuse, ses yeux lumineux, la souplesse de son corps et ses pieds remuant, il jouait avec virtuosité. Même si c'était une joie immense que de le voir lui et son groupe prendre leur pied sur scène, c'était tout aussi formidable de fermer ses yeux et de danser comme si demain n'existait pas, exactement comme eux sur scène. Les claviers, instruments à voix, choeurs et batterie allaient parfaitement ensemble, créant une atmosphère de romance poignante et de comédie ironique. Il joue plusieurs de ses tubes dont un They Build Walls Around Us Now assez rapide, un Don't Call The Police amusant et un génialÊReconsider Me. Un des points forts fut clairement It's Been Hurting All The Way With You Joanna lors d'un 2e rappel; chaque musicien eu la chance de chanter un strophe en solo. C'était impressionnant de voir révélés ces talents que cachaient le batteur et le bassiste, par exemple.
C'est avec tout ça que personne dans le public ni dans le groupe ne put repartir sans un sourire collé aux lèvres. Si vous avez la chance d'aller voir Moneybrother en concert, n'hésitez pas. Vous trouverez le meilleur groupe au monde pour vous divertir dans la plus douce des façons, capable de sonner mieux en live que sur album. Une nuit pleine de rêves, de distraction et de voyage garantie!




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